Publié le 04/02/2020 • Par Laura Fernandez Rodriguez Mathilde Elie • dans : A la Une prévention-sécuritéActu experts prévention sécuritéFrance


Les technologies utilisées à des fins de surveillance sont massivement apparues dans l’espace public. Les collectivités s’emparent de la vidéosurveillance, des capteurs sonores, de la reconnaissance faciale… non sans susciter le débat.

«La safe city n’est pas la ville sécuritaire qui surveille. C’est une ville en capacité d’établir une alliance entre les hommes et les nouvelles technologies au service des politiques publiques. » A Marseille (862 200 hab.), l’adjointe (LR) au maire déléguée à la sécurité, Caroline Pozmentier, dessine les contours du tout récent observatoire big data de la tranquillité publique. Cette plateforme dédiée au croisement des données « pour rendre la politique de sécurité plus efficiente » a été développée par Engie pour 1,8 million d’euros.

A l’instar de la cité phocéenne, de nombreuses villes investissent pour se doter d’équipements dits « intelligents », en partenariat avec de grands groupes français et étrangers, mais également de jeunes pousses. Les coûts sont de fait très variables – de quelques milliers d’euros à plusieurs millions. « Nous adaptons nos solutions aux besoins et aux finances des communes. Avec un petit parc de caméras de vidéoprotection, notre technologie est accessible à partir de quelques milliers d’euros », indique ainsi Julien Trombini, fondateur de la start-up messine Two-i.

« Le marché de la safe city est en forte croissance depuis les attentats, points d’appui pour légitimer le développement de dispositifs de sécurité numérique dans différents espaces urbains, confirme Myrtille Picaud, post-doctorante à la chaire ville et numérique de l’école urbaine de Sciences-po. Le clivage gauche-droite a cédé la place à un consensus sur la nécessité de sécuriser les espaces publics. » Récemment, c’est la reconnaissance faciale qui a occupé le devant de la scène médiatique. Fin décembre, le secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O, a annoncé le lancement prochain d’une expérimentation de la reconnaissance faciale en temps réel appliquée à la vidéosurveillance dans l’espace public.